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Echantillon d’humanité en toute humilité

Volontaire: maillon greffé, rouage d’un mécanisme déjà bien huilé, le volontaire donne de son temps et de sa présence, à la satisfaction de ses envies, au service d’une communauté. Le volontaire y met son grain, se glisse entre les mailles d’un système tissé de toute part, à lui de trouver sa place, à part entière, une valeur ajoutée à fructifier, distincte et originale dans son rôle et dans sa fonction. Une définition évasive qui permet une certaine liberté d’action, ni ancrée dans un formalisme de tâches pré-définies, ni soumise à une autorité hiérarchique. La valeur philosophique du travail en tant que mission (…) reprend tout son sens.

Son manque de description détaillée, de visibilité dans les politiques de jeunesse, empêche une description claire et simple de sa place dans la structure, il peut tout faire à la fois, compléter les activités des autres, en trouver d’autres, il s’essaie à tout, il requête, s’informe, enquête, recueille.

Choisir de donner de son temps, vouloir se consacrer à une cause, quel quelle soit, celle des autres, selon des choix personnels.

Choix : le fait qu’une décision devienne personnelle. Le fait de trouver une décision personnelle à prendre et à tenir

Le choix est une denrée rare en milieu professionnel;

Milieu professionnel : milieu où le choix des décisions revient à l’échelon hiérarchique le plus élevé.

S’impliquer dans un engagement sincère, désintéressé de toute ambition arriviste, de toute récompense financière, le mérite se tient à sa propre valeur humaine, et non au seul critère reconnu aujourd’hui, celui d’un nombre à virgules, incertaines trace d’encre qui peuvent entacher toute une vie, à mesure qu’elle se balance, de gauche à droite, d’un chiffre à l’autre.

Etre volontaire, c’est le rester à vie. Une fois qu’on y a goûté, on ne s’en lasse plus. Nombre d’entre eux veulent le rester, car en tant que volontaire, la marge de manoeuvre est paradoxalement plus large. S’offre au volontaire la possibilité de réaliser ce qu’il aime, de produire des actions qu’il aura choisi en concertation avec une équipe, de s’approprier toutes les étapes de son projet comme émanant de ses propres envies.

La fonction du volontaire, variable et modifiable à volonté, peut donc s’étendre, s’élargir, mué par un nouveau souffle, cet élan comparable à celui de l’enfance, quand, investi d’une force nouvelle, le monde nous appartient, et c’est avec lui qu’on veut agir. Puis les années passent, on n’agit plus, l’action appartient aux plus jeunes, on ne fait que réagir, une opinion sur tout, un tout comme opinion, généralisante pensée qui ralentit, freine, stoppe puis paralyse jusqu’à effacer de toute mémoire, le souvenir même lointain d’un sourire rendu pour un service offert.

Le volontaire européen mué par la liberté de mobilité, géographique et professionnelle, se gorge d’expériences nouvelles, de rencontres enrichissantes, découvre les facettes d’un monde humain, auparavant insoupçonné. Il est attendu, accueilli dans un nouveau cadre, à la fois surprenant et original, qui en devient vite familier. Une place lui est déjà destinée, il pourra alors y jouer un rôle différent de celui auquel il a toujours était cantonné.

Prendre en main sa vie, la chercher, ne cesser de la chercher, à l’angle de la rue, au coin d’un carrefour, à l’entrée d’une nouvelle ville, en sens inverse ou tout azimuts. Prendre en main sa vie ou la rattraper aux pas de course. Du vague à l’âme aux ondes de choc, à chaque instant sa secousse, chaque vie sa suspension.

Sa personnalité en formation se nourrit de découvertes permanentes qu’il vit au quotidien, à différents degrés, de l’exceptionnel aux petits riens ordinaires, il acquiert ce don de curiosité, jouir des moindres plaisirs, rechercher l’inattendu, repenser sa vie, se forger un arsenal d’outils et de facultés, propres à l’épanouissement personnel et l’accomplissement professionnel. Sa grille de lecture du monde est enrichie, ses critères et codes de conduite se complètent d’autres dimensions humaines.

Le temps lui est accordé de repenser sa vie et la place qu’il veut y jouer. D’autres perspectives s’ouvrent notamment celle de la liberté de mouvement qui éveille en lui toute une gamme d’opportunités; à peine arrivé, il recherche déjà les moyens de réitérer ce genre d’expérience, de partir une nouvelle fois pour vivre à nouveau ce qu’il n’est pas prêt d’oublier.

“Je me souviens de ce bâtiment derrière le jardin des vestiges, des ruines et du jardin laissé là à l’antique, à l’angle de ce carrefour des plus modernes, laissé là à la volonté des automobilistes de ne pas ralentir pour voir ce jardin resté là à la vue des passants. Puis ce centre d’art, bordé par un café, j’aurai voulu y entrer, j’aurai du répéter ces journées”.

Il nous faut de la volonté, des raisons pour y repenser, un rien pour s’en souvenir. Vivre dans le passé multiple, passer d’une époque à une autre, il y a quelque chose de rassurant, paisible, le passé n’est plus, plus rien ne peut s’y passer. Des anecdotes consolantes, d’autres encore présentes, tiens je m’y revois encore, ce jour dernier qui aurait pu être la veille au soir.

Etre volontaire, c’est se nourrir de souvenirs, de moments partagés encore longtemps après, c’est combattre l’ennui et la solitude, c’est redonner corps et raison aux relations humaines, à la rencontre d’un instant, qui par son caractère interculturel, s’enrichit d’anecdotes croustillantes, de points de vue et de perceptions diverses, sur le monde et les hommes.

La recherche de l’autre, la connaissance de l’autre s’établit de façon naturelle. Un peu réservées au début, les conversations prennent des formes débridées par la suite, s’approprient tous les sujets sans autre volonté que celle de découvrir.

Les grilles de lecture qui définissent l’individu sont variables d’une culture à l’autre, d’un pays à l’autre. L’autre nous apparaît alors selon nos propres critères, notre bagage culturel et sociétal. On ne juge qu’à travers ce qu’on connaît. Il en advient quelques petits malentendus, incompréhensions dus à la méconnaisse de l’autre culture et de ses moyens d’expression, comme le langage, verbal et corporel. Cependant ces petits ratés, qui en réalité n’en sont pas s’ils sont nommés et reconnus, viennent enrichir les discussions qui tourneront autour de la langue (un simple mot décrit, décrypté, autopsié sous toutes ses formes peut enrichir de longues discussions), autour des pratiques culturelles et bien d’autres thèmes. Les sujets sensibles susceptibles de susciter mécontentement et refus dans notre société seront débattus avec moins de formalisme et de rigidité. La religion ou l’immigration en sont des exemples.

Le fait de ne pas appartenir à une même société changent nos codes et nos rapports, nos jugements de valeurs s’en trouvent ébranlés. Les grandes lignes sont souvent les mêmes, issues en majorité de la religion chrétienne, mais nombreux sont les aspects particuliers à telle ou telle culture. Tout en aspirant au même destin, celui d’être heureux, tout en ayant les mêmes préoccupations sur l’avenir, on perçoit le monde et l’autre différemment. La rencontre interculturelle freine les élans de nationalisme, les idées arrêtées et les jugements hâtifs. Ces différences culturelles sont si nombreuses qu’elles ne peuvent être combattues car faisant partie d’un ensemble, elles en sont sa substance vitale; s’en suit une tolérance de fait dans l’acceptation de l’autre et de sa diversité comme repère de notre propre culture. La fierté de notre culture, loin de toute acception nationaliste, peut alors s’afficher dans toute sa splendeur.

Les préjugés et stéréotypes dont nous sommes tous nourris reflètent un rapport à la différence dénaturé, qui se réduit à une image négative et souvent burlesque de l’autre,  perçu, aux premiers abords, comme habitant d’un pays, puis comme membre d’une culture et enfin, si le temps et le hasard nous le permet, comme personne singulière.

La différence nous apparaît marginale, nous préférons l’isoler dans des catégories, des dénominations, pour mieux la soumettre, soumission qui n’a d’utilité qu’en sa faculté de rassurer des peurs communes éveillées par la figure de l’étranger.

Nous en avons peur, mais pourquoi? Du souvenir des invasions barbares? qui se traduisent de nos jours par les débarquements massifs d’immigrés dont les images, pris d’assaut par les médias, insufflent crainte et méfiance au sein de la population sans même y apporter une once de compassion et d’empathie. Nous avons grandi dans la conviction que notre espace doit être défendu, qu’il n’y a pas de place ni de ressources pour tous, Que seuls les plus méritants ont le droit au bonheur. Selon quels critères?

Dans la rencontre interculturelle, tous ces critères, auxquels on se conformait sans distance critique, sont remis en question. D’autres viennent les compléter, les contredire. Toutes ses différences empêchent la proclamation d’un ordre supérieur, d’opinions-vérité, de savoir-faire et savoir-être dominants.

Il n’y a plus de culture dominante, une et unique. Le paradigme actuel réside dans la diversité culturelle qui fait partie de chacun de nous.

Etre volontaire, c’est être prêt à briser toutes ces certitudes, connaître des états troublés qu’amènent les réflexions et prises de conscience vécues lors de telle expérience, c’est accepter de se former à nouveau, c’est oublier tous ces acquis et connaissances qui faisaient la force de sa personnalité, pour en devenir vulnérable, instable mais bien plus ouvert à d’autres vérités. On accepte de s’affaiblir un peu pour construire des fondations plus solides et pérennes.

Etre volontaire, c’est de ne jamais finir de penser, de repenser, ses choix, ses actes, les épreuves de la vie. On balance le tout, le pèse et le sous-pèse, on envisage; des idées longtemps enfouies redeviennent de l’ordre du possible. Des idées nouvelles, des envies anciennes, le tout dans un autre cadre, à choisir.

Etre volontaire, c’est ne plus être seul, dans ses choix atypiques, dans son cheminement qu’on pense hors catégorie, les chemins de vie sont si vastes, à la portée de tous ceux capables de prendre la décision de changer, partir, grandir.

by Céline Hergott, France


Sur les traces de Sigmund Freud

Apparemment, l’homme qui pense est celui qui recherche. La curiosité de l’inconnu, nous met dans un état d’anxiété. Se posez des questions. La curiosité nous pousse à le faire afin de sonder les mystères du désir. L’impatience nous donne le courage et l’énergie d’agir.

Printemps 2008. Je cherchais un tournant dans ma vie. Dans ma tête comme un mantra, la phrase résonnant “renoncez à tout, et vous trouverez tout»- cet extrait de philosophie, qui est répété dans les livres les plus importants des grandes religions du monde. Mon esprit et mon cœur étaient ouverts. Je me suis sentie prête.

J’ai trouvé une annonce sur le service volontaire européenne sur internet. J’ai passé un après-midi au café Plan.B, entourée par de jeunes artistes, des gens de talent, qui apportent une impression d’être heureux. Je n’étais pas heureuse. Je ne pouvais pas trouver ma place dans la vie. Je voulais agir, faire quelque chose, aider les autres.

Il y a huit ans, je travaillais avec des personnes handicapées, souffrant de sclérose en plaques. Être bénévole a été la meilleure chose que je fis dans ma vie. Mais quelque chose était coincée en moi, un malaise, qui me dérangeait. Même si beaucoup de chose m’attachais à Varsovie, ce n’étais pas un endroit pour moi. Je connaissais chaque quartier, j’ai travaillé dans de nombreux endroits et je sentais la ville serrant mon cou, ne me permettant pas de respirer. J’ai déménagé tout les mois, avec toutes mes affaires, j’ai vécu avec de nouvelles personnes. J’ai essayé, mais ca n’a pas marché. Je venais d’arrêter mes études. J’étais rebelle et malheureuse.

En face de mon université, il y a l’académie de théâtre. J’allais souvent dans la cafétéria.

Je l’aimais, car il y avait presque toujours quelqu’un en train de jouer du piano, quelqu’un murmurant à lui-même, essayant d’interpréter son rôle. Je voulu aussi y étudier. J’ai essayé d’y entrer, mais il s’est avéré que j’ai une mauvaise élocution et cela a donc été impossible.

En même temps, cela faisait déjà un an que j’organisais mon Slam Be, mais malgré la popularité de l’événement, j’ai senti qu’il était temps de quitter la scène. J’ai commencé à m’interroger sur le sens de tout.

Au final je suis rentré à la maison familiale. Mon père ne pouvait pas me pardonner que j’apporte la honte sur la famille, parce que je ne voulais pas de me conformer aux normes sociales – éducation, travail, domicile.

Avril 2008. Je vie derrière l’armoire – la salle est divisée par les meubles, et un rideau me sert de porte. Mon père a décidé que je ne mérite pas la chambre. J’ai 24 ans. Un après-midi, en trouvant un brin d’énergie, je trouva sur internet une annonce pour un SVE en France. Je suis dans au café où j’organise un slam mensuelle. Je parle avec mon ami qui travaille derrière le bar. “L’étranger, c’est bien d’y aller, mais pour gagner de l’argent. Oublies ça !” Mais je ne pouvais pas l’oublier. Je pensais que c’était peut-être ma chance, c’est quelque chose d’inconnu, où ce qui compte, ce n’est pas le diplôme que j’ai, si j’ai mon propre appartement, ou si les parents m’ont envoyé prendre des leçons de langue étrangère ou pas.

Le bénévolat a été quelque chose d’imprévisible, qui dépendais de moi – oui, j’ai eu le pouvoir entre mes mains, j’ai voulu donner quelques chose aux autres, une femme voulant changer quelques choses dans sa vie, faire pour les autres, tout abandonner, oublié le passé et s’ouvrir à l’inconnu !

J’écrivis une lettre de motivation, je réunissais les documents nécessaires et les envoya. Quelques semaines plus tard, j’étais sur le chemin entre tels et tels café où je vivais quasiment en permanence. (Varsovie est une ville où la majeure partie des révolutions artistiques se passe dans les cafés – Tadeusz Kantor – Café Chłodna25).

J’ai été invité à Olsztyn, pour une entrevue, où l’on m’a demandé si ma chambre, ma vie familiale n’allais  pas manquer. J’ai répondu que  « non », j’en étais sûr car je pensais simplement  au 2m d’espace sur 1m derrière la garde-robe, ce jusqu’à ce que je parte en voyage.

 

La première fois que je suis allé en France, ce fût pour les 3 semaines de préparation avant le bénévolat, en Alsace : Apprentissage de la langue et préparation mentale pour un an de volontariat pour les jeunes hongrois, allemands, polonais. Je ne connaissais pas la langue française, j’ai timidement parlé en anglais. Mais j’aimé le défi.

Lorsque je fût en Alsace, je reçu un appel de l’organisation polonaise qui m’avait envoyé là-bas. Malheureusement, ils n’ont pas obtenu de financement pour mon volontariat près de Grenoble, où j’aurai pu travailler avec de jeunes enfants. Ils me promirent de trouver une alternative.

Le même jour, on m’a proposé un SVE long, de 9 mois en Bretagne. La ville s’appelle Dinan et j’y travaillerai en tant qu’animatrice dans un Foyer de Jeunes Travailleurs.
J’ai dit oui, apparemment, ce fût mon destin, mon esprit s’est ouvert.

Dinan s’est avéré être une petite ville de style médiéval. Elle ressemble à la Lasse Hallström, du film «Le Chocolat ».

Mon boulot été cool – j’ai commençais d’après-midi, j’ai faisais de café au bar social au FJT. Je ne parlais pas la langue, mais j’ai commencé à apprendre plus vite car je rencontrai les gens. Pendant la semaine plusieurs habitants de Dinan viennent là-bas, pour prendre son déjeuner.

Mon appartement a été une surprise – 36m² seulement pour moi ! Avec mon expérience au Pologne, j’ai été contente.

En fait, le volontariat a été un avantage plus pour moi, que pour les autres – j’ai attende un grand mission à faire, mais le volontariat m’aidait plus que moi j’aidais les gens.

Je découvris les différences culturelles –Par exemple, on fait la bise en France pour saluer, et l’on donne une poignée de main en Pologne. Je me suis senti un peu dépassé par cette coutume, mais j’ai dû m’adapter car cela peut sembler impoli de refuser une bise.

La nourriture française était un peu bizarre pour moi, car croissant avec un café pour le petit-déjeuner semblais impossible pour moi (j’avais un habitude de manger le charcuterie, des fromages, tout que pour les français semblait immangeable le matin).

Mais tout n’a pas été si positive. Une pause à midi, entre 12h00 et 14h00, me semblait très absurde. Quand je voulais faire quelque chose en ville, tout était toujours fermé. C’est une question de culture.

Mais l’aventure est essentielle. Je suis venu faire du bénévolat en Octobre et j’ai décidé de rester pour Noël.

Décembre 2008. Avec Phil – le tuteur de mon SVE, je communique en anglais, mon français étant nul. Phil a été comme un parrain pour moi, toujours très ouvert pour parler, demander comment je vais.. Par contre, j’avais mes petits secrets. À la maison, la douche est cassée. J’ai honte de le dire, car je crois l’avoir cassée. Mais comme l’homme doit faire preuve de créativité, et le bénévolat est aussi une école où vous pouvez apprendre à être indépendant, j’ai décidé de faire face seule.

Juste avant Noël, je suis allé dans un magasin, qui s’est avéré être un espace vert, une boutique de jardinage. Utilisant un dictionnaire polonais-français et des mots simples, je réussi à comprendre que le magasin spécialisé dans les salles de bains est très très loin.

Conscient de la gravité de la situation et du fait que nous ne pouvons pas vivre sans une douche quotidienne, j’ai décidé d’acheter un tuyau de jardin de 1,5 m, et du scotch. Heureuse, comme une Mac Gyver, je le colla au robinet du lavabo de la salle de bains, pour remplacer celui de la douche !
Malheureusement, la présente invention tomba rapidement en panne – l’installation, sous la pression de l’eau, a explosé et la salle de bain fût inondée.

J’ai passé Noël a réparé ma douche..

Le travail au cours de mon SVE a consistait à organiser l’animation. J’ai eu la libre-choix, j’ai décidé d’organiser des projections de films et des présentations audio-visuelles, au cours desquelles, je n’ai pas eu beaucoup de discussions (en français). Puis, quand j’ai soutenu mon intérêt pour la mise en œuvre des films, j’ai commencé à vraiment apprendre. J’ai été envoyé pour les échanges de jeunes en Italie (Shots of Dialogue), où des gens de nombreux pays en Europe, ont réalisé des courts métrages sur le dialogue interculturel. J’y ai appris des techniques de cinéma, mais aussi a coopérer avec les autres.

Mon meilleur ami était un ordinateur. Malheureusement, le temps est venu où il s’est rebellé – bloqua sur myspace.com et tomba en panne. J’ai réinstallé le système. Ma famille m’a envoyé des cd par la poste et … des collants (il me semblait que les collants sont chers en France). Ensuite, j’ai fâché avec le tuteur de mon volontariat – Phil – je devais faire une présentation sur la Pologne et je ne pouvais pas – tout les support que j’avais dans le disque dur de mon ordinateur en panne.

J’étais prétentieuse, je pensais que j’étais infaillible, que tout ce que je faisais était excellent et je ne pouvais pas écouter les critiques… Le temps où je vivais seul, les soirées de promenades à Dinan, pour méditer, ont été inestimable.  Pièce par pièce  j’ai analysé mon comportement, et qui je suis. J’ai compris  que, même si je passe beaucoup de temps pour faire quelque chose, il ne sera pas parfait.. Ce fût une expérience forte – ma psychanalyse.

J’ai passé neuf mois à ouvrir mes yeux, me réveiller et apprendre à vivre avec d’autres personnes. A un moment, je voulais tout quitter – parce que c’est le plus facile. Je suis resté et lutté. J’ai décidé de parler à Phil, demander ce que l’on pouvait faire pour améliorer notre relations, il était content de mon travail. Cela a été le point tournant. Pour la première fois, j’ai admis mon erreur.

C’était important, j’ai dû apprendre à vivre, à travailler et à me détendre, avec des gens d’une autre culture. Ici, le mot «travail» est conçu différemment – ce n’est pas une course de rat, comme en Pologne. Tout le monde au temps d’être au calme, le temps de sourire, et pour fumer un clope.

A la fin de mon volontariat, personne ne croyait que j’avais une chance de trouver un emploi à Dinan. Mon français n’était pas la meilleure… Mais, j’ai développé mon anglais ! C’était mon atout – Dinan est une ville touristique, où la majorité des touristes viennent d’Angleterre (la Bretagne est proche de l’Angleterre, mais le temps est plus agréable que là-bas et la vie moins chère).
Lorsque mon volontariat a officiellement pris fin – j’ai commencé à travailler en tant que serveuse dans un restaurant. Lors de l’entretien on m’a proposé un contrat à durée indéterminée – j’ai trouve ça un peu bizarre. Après quelques jours, j’ai découvert pourquoi –les heures incluses dans le planning était une chose mais la réalité était complètement différente. J’ai travaillé beaucoup, sans pourboires, et mon chef était super méchant. J’ai eu l’impression que il était comme ça, car je suis  une étrangère, et que je ne parlais pas bien le français.

Bien que ce fût une décision difficile, J’ai quitté ce poste. J’étais en colère contre moi-même de détruire ma vie, de commencer quelque chose et le lâcher après.

Vers l’heure où je devais normalement servir le dîner dans un restaurant, j’étais à la maison, mon voisin a frappé et m’a invité à un barbecue dans le jardin (mon bâtiment était occupé par des jeunes). Au début je ne voulais pas y aller, mais je ne pouvais pas me fermer aux autres. J’y suis allé!

Le barbecue était une costume-party – j’y ai rencontré des Vikings, des travestis et moi, j’étais en hippie. C’était cool..

Et puis arriva le garçon, qui était tellement cool que, quand un mois plus tard, il m’a demandé de l’épouser, j’ai dit oui sans hésiter. Nous sommes tombés amoureux dès la première fois que l’on s’est vue. Il était français, mais il parlait anglais (oui, bravo, il y a un stéréotype qui veut que les Français ne parlent pas anglais, et c’est vrai!). Il a été intéressé par les films, portait une barbe, moustache, et a conduisait la plus moche voiture que j’ai vu. Nous étions tellement  amoureux que quelques mois plus tard, on se maria.

J’ai toujours été opposé aux mariages et ce genre de la folie. Après avoir lu “Amateur (Die Liebhaberinnen)” Alfriede Jelinek, j’étais sûr que je ne voudrai pas me mariée, jamais. Et pourtant…

Mise à part, j’ai rencontré beaucoup de personnes malintentionnées, qui m’ont demandé si je me mariais car j’avais besoin d’un visa pour être en France. J’étais terriblement en colère. Parfois, même à la poste quand je voulu envoyer une lettre au Pologne, la dame a demandé,
“Est-ce en Europe?”. Un jour, dans un autre endroit, on m’a demandé de prouver que la Pologne était dans l’Union Européenne. J’ai alors pensé «Demandez vos enfants qui savent surement mieux que vous. »

Même à la banque, on m’a demandé un titre de séjour. Il y avait pas mal de problèmes avec cela, mais quand je l’ai finalement obtenu, il apporta peu à ma vie. Mais le pire est que le motif du séjour est écrit dans « thème de la famille » en gros caractères et juste au-dessus, en minuscules  «Le thème du travail ». C’est un tel détail déplaisant.

Je pense que je n’ai pas besoin de me marier pour devenir résident de ce pays. Mais, bon…

Vite j’ai trouvé un boulot dans un café tenu par un ancien punk, qui plus tard a été un coiffeur. Dans quelques jours, j’ai dû commencer à y travailler, dans le Café du Théâtre.

Le boulot au Café du Théâtre était super, et mon français était bien mieux. En Septembre je suis allé faire une formation pour étrangères. Les habitants de Dinan sont surpris de voir que je suis toujours là. Je souri et leur dit « Voici ma maison ».

En Mars, j’ai arrêté l’école (je l’ai fait!) Et j’ai commencé à travailler comme animatrice dans une association. Ce fût mon rêve depuis que j’étais à Dinan.

En Mars, trois jours avant le mariage, je découvris que j’étais enceinte. Et c’était merveilleux.

En Juin j’ai obtenu mon certificat de français!

Mon SVE était une révolution pour moi. J’ai du changer de comportement, apprendre beaucoup de chose.. L’effort en valait la peine. Maintenant, Dinan c’est maville, ma maison. Avec mes amis nous avons créé une association, qui a pour le but de créer un Centre Culturel d’Arts Contemporains, pour les jeunes. Pour eux, il n’y a pas de lieux comme ça à Dinan. Mais aussi, je commencerai travailler dans le cadre de programme Jeunesse en Action, pour organiser des Initiatives Jeunes et des Echanges.

Avant, les gens riaient de mes rêves, et maintenant mes rêves sont devenus mon travail – créativité et action.

Je me promène dans les mêmes rues que pendant mon volontariat, et je souris… J’ai eu de la chance. Je marchais sur les traces de la psychanalyse de Sigmund Freud,  en procédant, j’ai trouvé ma place sur la terre – Dinan. Je suis venu ici pour mon SVE, ici j’ai trouvé une famille, un travail, je me suis retrouvé ici. Et enfin, je suis heureuse !

by Lila Roty, Poland


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