Carnet de Slovaquie, ou Journal d’une française perdue à Košice
Enfin seule ! Cela fait plus de 10 jours que je suis arrivée à Košice, et c’est la première journée que je passe tranquille à la maison, sans mettre le pied dehors, et en quasi solitude.
Après 10 jours à courir partout dans tous les sens, la découverte de la Slovaquie, l’installation, le week end en Ukraine, un petit holà s’imposait.
L’arrivée
Samedi 8 janvier, j’ai pris le train en gare de Nantes, pour arriver à l’aéroport Paris CDG, avec ma grosse valise rouge, celle-la même qui m’avait accompagnée pendant un an en Italie, ma fidèle compagne de voyage. Depuis 2006, la pauvre a un peu vieilli, et ses roulettes voilées laissent « ruser » sa panse joufflue sur le sol mouillé de l’aéroport. Son inlassable feulement attire le regard des passants. En sueur, les muscles raides, je nous traîne jusqu’au bureau d’embarquement, où je me sépare, non sans appréhension, mais enfin libre, des 22kg de France que j’emporte en Slovaquie. Ayant prévu large, je me retrouve à attendre mon vol sur un siège, me prêtant ainsi à un de mes jeux favoris : observer les voyageurs, solitaires, en couples, les familles, l’incessant ballet des immenses « frigos »à roulettes. De quel pays arrivent-ils, où vont-ils, quelle peut être leur vie, leur métier, la raison de leur voyage ?
Une fois atterri à Prague, il me faut retrouver mon futur colocataire et collègue, porte 18. En tâtonnant, je fini par découvrir un terminal quasi-désert, où m’attend déjà Victor, le Bulgare. Les minutes passent comme des heures, mais arrive finalement le moment d’embarquer dans notre jet. Dans le pullman, le froid nous prend d’assaut : petit avant-goût de ce qui nous attend à Košice ?
Il fait déjà nuit, mais on distingue très bien le sol. De mon petit hublot, j’aperçois un paysage de contes de fées, les miroitements tentaculaires des villes, îlots de lumière dans un océan de neige. Prague déjà s’estompe, et le jet s’enfonce dans une véritable purée de pois.
Košice la blanche, couverte de neige. Son petit aéroport tout neuf nous accueille, et vient le moment de la loterie. Ma valise va-t-elle arriver, dans quel état ? L’angoisse de voir défiler toute ma vie sur le tapis roulant est bien présente, mais j’essaye d’en rire comme si le fait d’en parler allait empêcher la tuile de tomber.
Je devine un gros mastodonte rouge au loin, c’est bon, le scotch a résisté, elle tient en un seul morceau ! Hop sur le trolley ! Pas trop de deux pour pousser le caddy croulant de bagages, Victor et moi débarquons dans le hall. En voyant pareil équipe, Miloč notre boss, éclate de rire : pas de doute, c’est bien nous.
À notre appartement, Huskova 83, nous attend Lydia, le troisième membre du trio, ainsi que Michal (boss #2), et Martin notre mentor.
L’accueil
Autour de pizzas géantes, nous faisons connaissance, et nous explorons ce qui sera notre lieu de vie pendant les six prochains mois. La cuisine est toute équipée, le salon immense, et je partagerai ma chambre avec Lydia l’Allemande. Intérieurement, je croise les doigts pour qu’elle ne ronfle pas ! Ayant tous passé la journée à traverser l’Europe, nous nous écroulons de fatigue dans nos nouveaux havres de sommeil. Car, le lendemain, nous repartons sur les routes, direction Prešov, où vit Michal. La tradition veut qu’en Slovaquie, personne ne sorte d’une maison sans avoir la peau du ventre bien tendue. Michal fait ainsi honneur à son pays en nous proposant une succession de plats, aux quantités gargantuesques : marmite de pot-au-feu, montagne de beignets de poulet géants, Everest de purée, le tout arrosé d’un excellent vin Slovaque. S’ensuit un gâteau dont-le-nom-est-imprononçable, achevant de nous scotcher aux fauteuils du salon pendant plusieurs heures. Trônant dans ce salon, une balance permet d’évaluer combien de kilos nous avons pris après nos agapes : environ 1kg. Contrat rempli, nous pouvons prendre congé de notre hôte.
De retour à Košice, nous enchaînons sur une partie de bowling, histoire de dépenser doucement notre surplus calorique. Notre première journée en Slovaquie a été bien remplie, à tous les sens du terme.
Welcome to the jungle
« Welcome to the jungle », ainsi s’intitule notre recueil d’informations utiles, préparé par notre mentor, alias Martin la nounou. Très investi dans son rôle, le jeune-homme de vingt ans s’occupe de nous faire découvrir la ville, nous aider dans nos démarches administratives, nos premiers pas au super-marché. Car, sans surprise, aucun de nous ne parle le slovaque.
N’ayant jamais appris de langue slave, je me retrouve perdue dans une mer de mots, de phrases dont je ne capte que 2% du sens…à peine. Je me languis du premier cour de slovaque : il va y avoir du travail !
En bonne bretonne qui se respecte, mon premier réflexe est de me diriger vers le rayon des produits laitiers. Verdict, le beurre demi-sel (l’unique, le vrai, l’irremplaçable) a-t-il franchit la frontière ? Un immense soupir de soulagement emplit le magasin : affichant un sourire de victoire, je brandis fièrement ma motte d’or jaune. C’est bon, on peut continuer les courses en toute sérénité.
Lundi 18, pour la première fois, j’ai acheté un sandwich toute seule, comme une grande. « Bonjour », le type de pain, la taille, les ingrédients, « merci, au revoir ». Tout un challenge !
Contre toute attente, malgré les congères, et la neige recouvrant tous ce qui ne bouge pas, je ne ressens pas le froid. Il faut dire que n’ayant jamais vraiment connu la neige, j’avais anticipé en m’offrant pour Noël un super manteau spécial Sibérie. De temps en temps, quand le brouillard se dissipe, je distingue de ma fenêtre un monument religieux, au clocheton si caractéristique des pays de l’est. Vers six heures du matin, les sœurs font leur footing en enfilant des « tours de couvent ». Intéressant.
Les rencontres, les voyages
Dans le même esprit que l’Erasmus, le volontariat européen permet de voyager rien qu’en rencontrant des gens : Pologne, Israël, Belgique, Allemagne, États-Unis, Chili, Bulgarie, Russie et bien sûr la Slovaquie. Une même question revient sans cesse : que venez-vous faire ici ?
Comme si Košice était un trou perdu. Question de point de vue : le centre historique est très charmant, la cathédrale gothique majestueuse. Et, la ville se trouve être un nœud ferroviaire important. Au cœur de l’Europe et jouxtant cinq pays, la Slovaquie représente pour moi une piste de décollage idéale pour explorer l’Europe de l’est.
Ne perdant pas de temps, j’envisage de passer mon premier week-end à Uzhgorod, en réponse à l’invitation d’un couch-surfeur ukrainien. La ville se trouve à la frontière avec la Slovaquie, à une centaine de kilomètres de Košice. Pour s’y rendre, je partage la voiture avec un couple de Polonais. Une autre Polonaise, également volontaire, et ma collègue Allemande sont aussi du voyage.
Instant émotion : à vingt-cinq ans passés, je n’ai jamais quitté le giron protecteur de l’espace Schengen. Mon récent passeport va recevoir son premier tampon.
À Uzhgorod co-habitent Ukrainiens, Slovaques et Hongrois. On y parle indifféremment le russe, le hongrois ou l’ukrainien (quand même). Mon slovaque débutant, me permet de communiquer un peu avec les gens. Malgré tout, durant mes premières heures passées en ville, je suis retombée en enfance. Un vieux sentiment de frustration datant d’il y a une vingtaine d’année a refait surface : je ne lis pas le cyrillique. Les lettres défilent devant mes yeux et je ne parviens pas à leur donner un sens, un son. En faisant appel à l’alphabet grec, et harcelant de questions Artem, notre hôte ukrainien, je perce le secret de ces symboles mystérieux.
J’ai eu la chance de passer la soirée avec des Polonais, un Américain enseignant l’anglais en Hongrie, une partisane ukrainienne née à Uzhgorod mais ayant la nationalité hongroise, ainsi qu’un Russo-ukrainien. Le débat va bon train.
L’immense église est coiffée de gros oignons bleus et or. Dépaysement total. Dimanche matin j’ai pu y entrer lors de la messe…orthodoxe. Prise dans le flot de la foule, je me couvre la tête avec ce que j’ai sous la main : ma casquette en tweed irlandais. C’est mieux que rien. Première étape, s’incliner et embrasser l’icône, les uns après les autres. Attention, le signe de croix se fait à l’envers. Croyant bien faire, je me suis fait avoir. Suite à cela, on peut pénétrer dans la grande nef. Je m’extirpe de la foule pour grimper un petit escalier menant à une galerie supérieure. De ce point d’observation, la vue est parfaite pour suivre les mouvements du prêtre. Coiffé d’une toque en forme de soufflé au fromage, dos à la foule et séparé du peuple par une barrière d’icônes dorés, il orchestre les chants (divins à en pleurer). J’ai pris une vidéo “volée”, où je n’ai malheureusement que le son, car sinon, je me serais fait jeter dehors un coup de pied dans le derrière.
Au retour, il nous faut passer frontière à nouveau. Autant aller de l’UE à l’Ukraine est relativement simple, autant le trajet inverse est complexe et surtout très long. Naïvement je ne m’attendais pas à cela. Heureusement, l’ambiance dans la voiture est festive et musicale : un bon moyen de faire connaissance, dans un langage universel. La file de voiture est interminable, les contrôles se multiplient, bâclés par des douaniers patibulaires, arborant treillis et chapka. 6h d’attente.
Un démarrage sur les chapeaux de roues, qui laisse présager six mois de volontariat riches en événements en en rencontres. Pologne, Hongrie, République Tchèque, Autriche, Serbie sont à l’affiche !
To be continued…
Memo
Depuis son indépendance, gagnée de manière pacifique, la Slovaquie a poursuivi une politique d’intégration dans plusieurs institutions internationales, telles que l’OTAN depuis le 29 mars 2004, ou l’Union européenne depuis le 1er mai 2004. En 2005, le pays a été élu pour la première fois au Conseil de Sécurité de l’ONU. Depuis le 1er janvier 2009, la Slovaquie frappe ses propres euros. Košice, sera en 2013 Capitale Européenne de la culture, main dans la main avec Marseille. En tant que volontaire européenne, au centre pour jeunes RCM/ CVČ – Regionálne centrum mládeže, je serai amenée à participer aux projets de coopération entre les deux villes.
by Julie Boénec, France
Avis de tempête
« Je suis à Berlin ! » Zoé se sent enivrée et dans une euphorie qui l’emplit soudain toute entière ! Cette gare bat au rythme endiablé de son coeur, cette ville mythique qu’elle aperçoit déjà derrière les baies vitrées immenses. Elle a comme une impression de mettre un pied dans l’histoire. Si spontanément, embarquée dans un tourbillon de vie qui s’accélère, elle a quitté sa Bretagne, d’un seul coup, elle est partie. La route. L’excitation de voyageuse qui la gagne. « Je suis à Berlin ! » Elle n’en reviens toujours pas tant elle se sent ivre de cette ville. Berlin, coup de foudre. Elle sait déjà que tout l’entraine, ce vent de tempête bretonne si fort à l’intérieur va souffler en tous sens dans son escapade berlinoise improvisée. La jeune fille marche à côté de lui. Il a l’air d’un voyageur lui aussi. Sa barbe, ses longs cheveux, son regard magnétique sur le monde, son sac à dos imposant. Sans raison, Zoé lui fait dès le premier instant une confiance immense, elle ne le connait pas. On ne sait quelle force la pousse soudain à le suivre, à lui parler. « Je le ressens, nos chemins doivent se croiser ici » pense t-elle en le regardant intriguée. Tout est vécu dans l’instant et elle se laisse porter par ce délicieux sentiment de suivre ses intuitions du moment si légères et si fortes pourtant. Ils échangent quelques mots. Il a une allure rapide, saccadée, il a l’air perdu et pourtant il est chez lui. Il, ne sait plus rien du tout, c’est comme s’il ne reconnaissait pas toutes ces rues et ces ambiances qui lui étaient familières. Elle se lance dans une discussion enflammée, elle a tant d’énergie, elle est si euphorique d’être là, de tous les détails de cette ville, il reste très silencieux. l’accent français de Zoé. Il sourit, charmé de ces paroles hasardeuses au tintement d’exotisme. Chez lui, dans un vieil appartement chaleureux de Berlin-Est, tout est si étrange. Zoé est assise avec lui et ses parents à la table en bois de la cuisine, elle rayonne, ensemble ils boivent un chocolat chaud. Il est comme un enfant, de retour enfin chez lui. Il leur raconte un peu l’Argentine, du bout des lèvres ses trois années d’exil, de voyage, mais les mots ne viennent pas. Simplement être là… Aujourd’hui, elle parle avec ces inconnus, de ce mur, juste en bas de leur fenêtre. De la joie qu’ils ont eu il y a 20 ans de cela, quand ils se sont embrassés, perchés sur les restes d’une brisure de l’histoire, au milieu de cette foule. Ce sentiment de liberté. Un frisson les parcourt. Les souvenirs et les projections fascinées s’entremêlent dans le silence. Il a comme l’air absent. Elle se dit soudain « Je ne sais où je suis, comme c’est troublant cette scène ». Zoé aime à tricoter le quotidien de fils imprévus de folie délicieuse. Elle improvise, et décide de lui couper ses cheveux hirsutes de vagabond dans cette salle de bain bleue. Elle rit. Les mèches tombent en pagaille. Sa mère les prend en photo avec un vieil argentique. « Clic », c’est un moment d’une étrange beauté poétique. Le ciel s’assombrit de façon anormale, il marche vite, il sait ou il va. Dans sa tête elle se murmure: « Moi je suis prête à suivre ce fascinant chevalier berlinois où qu’il aille, partout dans cette ville qui me rend folle. Je suis ici pour suivre ce vent qui m’entraine, je crois en fait pour le suivre lui, cet intrigant personnage ». Il l’emmène sur sa mob’ à une technoparade qui a lieu dans un boulevard géant. Des chars peinturlurés à perte de vue. Les berlinois se déchainent. Le vent se lève soudain par bourrasques très fortes. Les gens se tournent vers le ciel qui se déchire, qui devient bleu-noir et magnifique. Un souffle. Un violent coup de tonnerre retentit puis ils sont entièrement trempés par une pluie torrentielle. La foule est d’abord surprise et se cache, puis c’est une transe générale et incroyable qui s’empare d’elle. Ils dansent toute la nuit, la musique les ensorcèle de ses rythmes saccadés, dégoulinant de pluie, ils sautent à pieds joints dans la boue et les flaques d’eau, rien n’a plus d’importance, elle sent un bonheur gigantesque s’emparer d’elle. « Je vis ». Nos voyageurs roulent tous les deux en zig zag sur cette mobylette orange qui semble dater d’une autre époque. Le temps n’existe plus, il s’est évaporé dans cette nuit berlinoise de folie foisonnante. Il conduit vite, ils ont bu, elle rit aux éclats en inspirant l’air froid qui sent la neige à plein poumons. Elle le tient par la taille et sa chaleur la réchauffe. « Je sens ce vent qui souffle toujours tellement fort en moi et qui m’entraine ! » Il roule de plus en plus vite. La vitesse la grise. « Youhouuuuu !! » elle a envie de crier sa joie à tous les passants. Un petit vent frais s’engouffre sous sa robe verte détrempée dénichée dans une friperie l’après-midi. Soudain, un renard roux passe juste devant eux en trottinant, sur la large route. Brusque coup de frein, elle reste éberluée sur ce trottoir, ses genoux saignent, sa tête cogne et Zoé regarde l’animal magnifique s’éloigner, toute fascinée de sa présence féerique au beau milieu de cet accident. La mobylette est complètement hors d’usage, Zoé et lui la trainent lourdement dans les petits chemins près du canal en direction de la maison. Un homme là-bas, un de ces hommes du monde des démunis qui peuplent Berlin de leurs âmes à la dérive, est allongé au bord de l’eau. Il écoute de la musique classique sur un petit poste de radio et chante très fort. Ils ne distinguent que sa silhouette en ombre chinoise d’un grand drap rouge qui lui sert d’abris. En arrière plan, des péniches à l’abandon semblant dormir sur l’eau, recouvertes d’objets de ferrailles de toutes sortes, qui leur donnent des allures de fantôme. Elle se sent bizarre dans cette atmosphère de petit matin si glaciale et si belle. Encore sous le choc, ils ont marché dans les rues, ils se sont perdus. L’Argentine, le temps d’un autre espace à parcourir, et la carte de Berlin s’est évaporée de sa mémoire. Ils ont toujours un peu mal partout et avancent hagards sur les boulevards berlinois encore sombres. L’aube pointe déjà fraichement sur les branches des arbres qui bordent les larges trottoirs. Le premier tramway jaune passe sur ses rails suspendus dans son manteau de graffitis. Il se détache si bien sur le ciel, on dirait un petit train comme un jouet d’enfant. Elle parle dans un souffle et s’amuse des nuages de buée qui se forment dans sa bouche et qui sentent l’aventure « Nous sommes perdus », elle s’enveloppe dans sa veste en cuir et dans un sentiment furtif de perte de repères, de fuite en avant. «J’ai froid». Il est perdu lui aussi, ailleurs, il s’égare dans un lointain qu’elle n’arrive pas à atteindre, il est encore là-bas. Sans s’en rendre compte, il lui parle espagnol, elle, est ancrée dans le présent… Il a le regard du voyageur sans retour et elle le trouve simplement touchant avec ses cheveux coupés n’importe comment. Et ils marchent dans Berlin comme deux notes de piano suspendues. Ils arrivent au hasard dans une rue déserte, où tous les immeubles ont été tagués et décorés de drapeaux. Les fenêtres sont cassées. Il n’y a personne et pourtant on a l’impression que les murs sont vivants tant ils sont emplis de rage. Tout est à l’abandon mais revit de l’intérieur. Les habitants de ces lieux veulent vivre simplement dans l’anarchie de leurs idées marginales et passionnées et cette rue entière respire de ces visions pleines d’utopies. Zoé se sent comme dans une parallèle du monde qui les entoure, dans une parenthèse de vie rebelle et libre, elle lui sourit, et avec ses yeux lui offre son plus beau « Danke ». Et puis tout à coup, comme dans un film au ralenti, une pluie de sous vêtements leur tombe sur la tête. ils les regardent se gonfler comme autant de petits parachutes intimes qui leur dégringolent dessus. C’est surréaliste. Zoé se met à danser à nouveau sous cette pluie invraisemblable. Un couple nu au dernier étage, hurle et se frappe, se déchire et, dans les volutes droguées de leur dispute, ils n’en finissent pas de balancer de rage, leurs affaires par la fenêtre. « Je ne veux pas voir cela, leur déchirement, je trouve cet instant simplement beau ». Elle est toute à ses pensées d’émerveillement quand il donne un coup de pied impressionnant dans la mobylette, la laisse là comme une épave orange dans le caniveau gris et se met tout à coup à pleurer. Il attrape vigoureusement Zoé par le bras et l’entraine en courant. Il court et pleure toujours, si fort, il la tire, Zoé ne comprends pas ce qu’il a, il est tout secoué de sanglots et elle est trop essoufflée de courir ainsi follement sans but. Après l’accident, tous ses membres lui font mal. « Je voudrais m’arrêter, je n’en peux plus », elle le suit pourtant. elle continue de le suivre. confiance profonde, et Zoé ne sait pourquoi, elle se sent happée par lui. Par cette force de vie qui l’a amenée à venir jusqu’ici, si fougueusement. Mais cette force là l’emplit peu à peu d’un sentiment de doute. « Je ne sais plus vraiment ce que je fais là dans cette friche industrielle ». Ils courent au milieu de bouteilles de bières vides qui roulent dans tous les sens sous leurs pas. Il y a encore l’odeur de la nuit qui flotte dans ce lieu étrange, dans ces anciens hangars de réparation de train transformés en lieux des nuits berlinoises alternatives. Les clubs électro effrénées sont vides et les salle de concert punk désertées. Les derniers fêtards sont allés se coucher. Seul un jeune homme dors sur un canapé éventré laissé là au beau milieu de tout. Il est trempé, sa tête tombe sans cesse toute seule dans son sommeil sans fond et dans ses rêves encore alcoolisés. Les murs des entrepôts sont transformés en mur d’escalade, chaque minuscule parcelle a trouvé son nouvel élan de vie. Dans un arbre, on a monté une cabane éclairée par des guirlandes d’ampoules colorées. C’est une terrasse de café fantastique. « J’aime plus que tout la poésie soudaine de ce lieu magique. Je voudrais être à cette table, maintenant, je voudrais être là, tout en haut avec un thé et un roman génial. » Instant de beauté imaginaire. Seule la magie transparait et ces pensées furtives lui font disparaître juste un petit moment cette boule d’angoisse qui lui tord le ventre sans qu’elle ne sache pourquoi. L’endroit était pour elle à l’instant majestueux mais son regard change peu à peu et Zoé lui trouve finalement un air des plus lugubre. Il la regarde soudain avec ses yeux rougis par les larmes qui n’en finissent pas de rouler sur ses joues sans raisons. Il a une sorte d’hystérie de pleurs qui le gagne, il la regarde avec un regard qui la glace. Il paraît hors de lui-même. « Je me sens toute petite, je ne sais que faire, je voudrais le consoler, le comprendre, le connaître déjà, si seulement… » Et puis non, le connaître, s’approcher un peu plus près de son lui profond qui se dérobe sous ses yeux, à cette simple idée elle est à présent terrifiée. A son tour, elle ne sait plus rien. Zoé regarde autour d ‘elle et ne trouve plus rien de poétique. Elle s’assoit sur les vieux rails de chemins de fer défoncés par le temps. Tout est glauque et affreusement angoissant. Il l’a entrainée jusqu’à ce lieu désaffecté sans le savoir, comme pris dans son élan à lui, dans sa tempête intérieure qui le dépasse. C’est le tout début de matinée et des pigeons se battent pour la place au soleil du pont rouillé qui passe au dessus d’eux. Des plumes volent dans les rayons de lumière. Les berlinois dorment profondément dans le calme de la ville tout autour. « Moi je suis dans les contreforts du calme », imagine t-elle dans une panique qui s’empare d’elle, et ce calme la fait trembler de tout son corps. Elle pense étrangement qu’ils font tous les deux partie du silence. Il a toujours ce regard tellement emplit de désarroi et qui se transforme en haine et qu’elle ne comprends pas. Il souffre, elle le voit, « mais je ne sais qui il est, maintenant il me fait peur. Je veux rentrer chez moi, je veux juste rentrer chez moi », c’est comme une obsession qui la gagne, « laissez moi ». Cet attrait pour l’inconnu qui la fascinait tant lui enserre à présent les entrailles. Une sensation de chute. happée par un vertige incroyable quand il s’agrippe une nouvelle fois à son bras pour l’emmener dans un autre part qu’elle ne veux plus découvrir. Le vent de Bretagne lui souffle en tempête dans les oreilles, « je l’entends siffler dans les impressionnants rouleaux qui s’écrasent dans ma tête. » Ce vent là est devenu si violent. C’est celui qui secouait les pêcheurs dans leurs insomnies islandaises gelées, celui qui les ramenait morts sur les côtes sauvages. Un éclair de temps illumine soudain ce visage déformé par une sorte de rage, ce regard, cette flammèche de folie. Fuir, devenir points de suspension. « Je me trouve maintenant en haut de cette vague immense dans cette mer déchainée », le temps ralentit soudain, il s’étire et s’allonge dans l’espace, elle peut le saisir au vol qui s’égrène lentement dans sa peur. Et elle voit tout, bloquée dans sa terreur paralysante. Elle sait, elle en étouffe dans cet interminable arrêt sur image écumeux. Elle comprend seulement maintenant le danger de cette fascinante tempête qu’elle suivait aveuglement. Zoé croyait naïvement écouter le chant du vent du bonheur de l’instant. Et puis elle n’entends plus rien. Le vent s’est arrêté sur ces rails abandonnés.
by Fenard Manon, France
Une expérience inoubliable!
Le project
Le CEAS (Centro de Estudios y Acción Social) est une organisation équatorienne située dans la province du Chimborazo. Cette association est aujourd’hui devenue un symbole du mouvement populaire indigène, afin de protéger les communautés et faire valoir leurs droits. La situation du CEAS est assez fragile, l’association ne reçoit pas de fonds du gouvernement. Elle fait des demandes de financement aux pays européens mais les démarches sont lentes et coûteuses et les réponses souvent négatives. De l’autre côté de l’océan, en Belgique, Quinoa est une organisation non-gouvernementale située à Bruxelles qui a pour but d’éveiller les consciences en donnant la possibilités à tous de pouvoir partir dans un pays du Sud sur un chantier humanitaire. Le but ? Changer de regard et prendre conscience des enjeux mondiaux, du déséquilibre de notre époque et de la mal répartition des ressources… Le partenariat entre ces deux associations a donné naissance à des chantiers en Équateur, destinés à tous, gérés par les volontaires eux-même du début à la fin, afin de partager les différences et éveiller les consciences directement par sa propre expérience. Cette année, l’association équatorienne a mis en place un projet de reforestation dans une petite communauté indigène dénommée Santa Teresita. Le but de ce projet est de développer les ressources de la communauté en plantant des arbres de différentes essences afin qu’à moyen terme, la communauté puisse bénéficier directement de ses propres ressources. Cette action a pour but principal de restaurer et renouveler les ressources forestières dans les zones de la province qui sont les plus menacées. Pendant que le CEAS était en train de créer le projet en faisant des études de terrain, en créant des liens avec la communauté et en préparant note venue, de l’autre côté de l’hémisphère, Quinoa était à la recherche de deux responsables pour ce projets. Après avoir examiné consciencieusement les enjeux que cette aventure représentait, je me suis engagé en tant que volontaire responsable du projet au début de l’année 2010. L’aventure avait commencé…
L’organisation
En tant que responsable, il fallait trouver cinq participants afin que ce projet soit viable. Écoles, Universités, campagne de sensibilisations, soirée d’informations etc. ont été nécessaires de visiter ou de mettre en place afin de trouver les participants indispensables à la viabilité du chantier. Mais cela n’était pas tout, il fallait récolter une somme d’argent qui permettrait de financer ce projet.
En équipe, nous avons organisés des brocantes, des ventes diverses, des soirées d’informations afin de récolter une somme convenable de minimum trois mille euros. Le travail a été dur, l’engagement personnel conséquent mais la volonté d’y arriver à été notre moteur de réussite. Nous avons mis en place un site internet afin de vendre des arbres virtuels, arbres qui représentaient évidemment ceux que nous allions plantés dans la communauté. Cette merveilleuse idée nous a permis d’atteindre notre objectif. Le site internet a été un véritable succès. La récolte de fonds menée par le groupe Quinoa est primordiale pour la réalisation des projets car le partenaire local dispose de peu de ressources. Six mois ont été nécessaires pour mettre en place le projet, six mois durant lesquels le groupe formé s’est soudé, tous ensemble avec le but de mener à bien ce chantier, tous ensemble. La récolte de fond qui a été menée à bien pendant ces quelques mois en Belgique a permis l’achat de dix-huit mille arbres.
L’engagement
Avec ma «coresponsable», notre engagement était total. Nous étions convaincus que ce projet en valait la peine et qu’il fallait nous battre pour le mener à bien jusqu’au bout. En plus de la recherche de participants et de la récolte de fonds, nous avions des formations théoriques et pratiques au sein de l’association Quinoa.
Ces formations avaient pour but de sensibiliser les responsables sur les différences économiques, sociales et culturelles entre les pays du Nord et du Sud. Le but était de se préparer au chantier mais aussi de prendre conscience sur les inégalités que notre époque connait actuellement. Plus qu’un simple but informatif, les formations visaient à nous sensibiliser concrètement sur ces différences par le biais de l’information théorique évidemment mais aussi par des exercices de mise en situation. Cela nous a permis de comprendre simplement comment nous en sommes arrivés à ce point-là et surtout d’essayer de nous responsabiliser en nous faisant prendre conscience que nous sommes tous acteurs au changement, notamment grâce à un simple petit geste quotidien qui peut soulever bien de montagnes…
Ces formations se voulaient optimistes, apportant un air de fraîcheur au discours universel trop souvent monotone stipulant que nous ne pouvons rien faire pour que la situation mondiale change. Mon engagement personnel a toujours été vif mais j’avoue que ma participation à un processus Quinoa m’a réconforté dans mes positions.
Afin de consolider et de préparer le groupe, nous nous sommes engagé comme volontaire dans une ferme biologique située dans le Sud de la Belgique pendant un weekend, deux semaines avant notre départ pour l’Équateur. Cette initiative avait pour but de déjà vivre en groupe dans des conditions simples. L’exploitant de la ferme de Jambjoûle qui se situe à Villers-sur-Lesse, près de Rochefort, nous a accueilli les bras ouverts. C’était vraiment l’occasion de se connaître, certains d’entre-nous ne s’était jamais rencontrés ! Le cadre idyllique l’était d’autant plus que le beau temps nous accompagnait. Le groupe a commencé par une activité de maintenance de la pépinière (semis, désherbage, binage, préparation de la terre, labourage, montage de la serre et entretien). Nous avons ensuite participé aux activités liées à la fromagerie (explication de la préparation du lait pour en faire du fromage). Après cette première journée éreintante, nous nous sommes baignés avec toute la famille dans l’eau glaciale de la petite rivière qui coulait non loin de là, frisson garanti ! La soirée s’est terminée en danse et en chants populaires sous un ciel étoilé qui rendait ce moment de partage encore plus magique…
Le voyage
Nous sommes partis début juillet pour l’aventure en Amérique Latine. En groupe, nous avons pris l’avion pendant plus de quinze heures avant d’atteindre la terres des Incas, les Andes équatoriennes. Dès notre arrivée le partenaire local nous a accueilli grands bras ouverts. Après deux journées de formation (théorique et pratique) avec les membres du CEAS dans le «vivero» (pépinière de l’organisation), nous nous sommes rendus dans la communauté de Santa Teresita pour une durée de trois semaines, en vue d’y planter les différentes essences de plantes (médicinales, arboricoles et fruitières). Le chef de la communauté nous attendait avec impatience. Nous avons organisé une réunion avec toute la communauté et les membres de l’association locale dans le local communautaire. Le responsable du CEAS a retracé les grandes lignes du projet en expliquant les objectifs à court et à long terme. Il a également expliqué notre rôle, la récolte de fonds menée par le groupe en Belgique, les objectifs de notre séjour et notre implication générale dans le processus Quinoa. Chaque membre du groupe et de la communauté a eu l’occasion de se présenter. Un relais a été assuré par les responsables pour traduire du Français à l’Espagnol puis en Quichua, la langue locale.
La communauté s’est organisée en cinq groupes. Nous avons dû donc nous diviser en cinq afin qu’il y ait au moins un membre du groupe Quinoa dans chacun des groupes. Dès le lendemain, ces cinq groupes se sont réparti les tâches des plantations, que ce soit en terrains familiaux ou communautaires. Avec le groupe de volontaires, nous organisions souvent des réunions de mise au point, afin de soulever les éventuels problèmes et d’améliorer certains points si cela s’avérait nécessaire. Nous avions aussi des évaluations hebdomadaires avec le partenaire local en leur siège implantée dans la ville de Riobamba. Ces évaluations étaient nécessaires afin de mettre sur la table l’état d’avancement du projet.
Description du quotidien des familles:
Chaque membre de la communauté commence sa journée dès le lever du soleil, aux alentours de cinq heures du matin. Les premières tâches de la journée consistent à traire les vaches et s’occuper des animaux : le bétail est attaché à un piquet qu’il faut déplacer matin et soir. Ensuite, ils s’adonnent aux différentes tâches journalières en fonction des besoins : entretenir les cultures, préparer la terre, récolter, couper du bois, soigner les animaux du ménage (chiens, poules, cochons d’inde), cuisiner, etc.
Le repas de midi est partagé en communauté lors des «mingas» (travail communautaire) et consiste principalement en différentes préparations de féculents (pommes de terre, riz, fèves, maïs) avec parfois des œufs. L’après-midi, les tâches reprennent jusqu’à environ 16h. Certaines personnes de la communauté profitent alors pour se retrouver sur la place principale afin de s’adonner aux jeux communautaires tels que le football ou encore volleyball, sport national de l’Équateur.
Les conditions sanitaires n’étaient pas des plus optimales : eau froide qu’il fallait aller chercher dans le puits, nourriture souillée et puces qui avaient envahis nos matelas faisaient partie de notre quotidien. Cela était parfois difficile mais nous voulions partager complètement les conditions culturelles, sociales et surtout l’environnement local.
Ce voyage m’a permis de rentrer en contact avec une communauté qui serait totalement inaccessible dans un cadre purement touristique. L’échange culturel a tout simplement été magique et enrichissant dans les deux sens. Je pense que c’est une forme de grandir ensemble. Le partenaire local étant habitué à recevoir des groupes de jeunes, il n’y a eu aucune difficulté en ce qui concerne la préparation, le travail en commun et la communication en général. Le cadre est tout simplement idyllique : les montagnes environnantes font de l’endroit une carte postale à chaque moment de la journée, que ce soit à l’aube ou sous une pluie d’étoile. Cette expérience a été très enrichissante au niveau de l’apprentissage personnel : comprendre qu’il existe d’autres façons de vivre qui sont intéressantes, que ce soit d’un point de vue idéologique, économique, social ou autre. Cette prise de conscience a été pour moi une révélation. Cette expérience permet de relativiser notre propre réalité souvent considérée comme acquise et universelle. Ce voyage a été plus qu’un simple voyage en Amérique Latine, ce voyage a été un voyage introspectif, un voyage méditatif, un voyage qui a fait ressortir en chacun d’entre-nous notre véritable essence : notre humanité !
Remerciements : «Quinoa», «CEAS» et le groupe de jeunes volontaires. Plus d’informations sur : www.projetequateur2010.be
by Miguel Candelas Marchese, Spain/Belgium
Février 2008, grand départ pour mon SVE
De bon matin, c’était l’heure pour moi de quitter ma Bretagne pour aller m’aventurer dans un pays avec une nouvelle langue, culture, tradition… Une opportunité impensable venait de s’offrir à moi. Certaines appréhensions se faisaient sentir, mais une grande motivation était présente. J’allais travailler dans une association dans la ville de mes rêves: Berlin, capitale de l’Allemagne, ville d’art et d’histoire, mais surtout multiculturelle. Une expérience qui s’annonçait dorénavant très enrichissante et hors du commun. Dès mon arrivée, j’ai été accueilli les bras ouverts par les responsables de l’association, leurs collègues et les autres volontaires de l’association et de différentes nationalités. Je n’étais pas seule dans cette aventure. Une polonaise, une tunisienne et un turc, mes futurs colocataires, avaient déjà commencé leur expérience dans cette association. Chacun d’entre eux paraissait heureux et satisfait de leur choix. Tout pour me rassurer. J’étais entre de bonnes mains, ainsi j’ai pu rassurer ma famille, mes amis, inquiets par ce voyage « long terme ». A peine, arrivée, ma mission était de m’intégrer au plus vite au sein de mes colocataires, mes collègues de travail et les jeunes du quartier pour vivre pleinement cette expérience. Pour que la communication soit plus facile, j’ai eu la chance d’avoir de cours intensifs d’Allemagne, ce qui m’a aidé très rapidement à prendre confiance en moi, à m’exprimer devant les jeunes sans trop de difficultés et surtout passer de bons moments. Sans c’est cours de langue, je pense que mon intégrations aurait été plus lente et plus difficile. Ainsi mon travail au sein de l’association a été de plus en plus engagé. J’ai pris de multiples initiatives grâce à la confiance que mes chefs m’ont donné (concert, spectacles de cirque, tournoi de sport…). Je me suis sentie rassuré et en confiance tout le long de mon volontariat, à chaque problème une réponse, aucun flou. Durant mon service volontaire européen, j’ai effectué deux séminaires dans deux différentes villes d’Allemagne, où j’ai rencontré d’autres volontaires, qui faisaient eux aussi leurs SVE en Allemagne, à Cologne, Hambourg, et encore mieux dans la même ville que moi, Berlin. De nouvelles amitiés venaient de se créer, des européens rempli de nouvelles cultures et de leur nouvelles expériences. Ainsi nous avons pu raconter nos différentes expériences, nos peurs, nos attentes, nos joie…Grâce à eux et ce nouveau réseau, j’ai pu découvrir encore un peu mieux Berlin sous de nouveaux angles, nouveaux regards. Encore aujourd’hui je suis en contact avec ces volontaires, toujours prêts à trouver une occasion pour se voir. Au cours de mon SVE, j’ai affirmé mon envie de travailler dans l’animation. J’ai découvert de nouvelles méthodes de travail qui ont enrichi mon savoir personnel, mais aussi mon curriculum vitae. J’ai pu ainsi tracer un bout de mon projet professionnel, grâce à cette expérience et à ses rencontres. Tout ceci est si simple à entreprendre et si riche culturellement, que tout le monde devrait être informé de l’existence de ce programme, car c’est une opportunité rêver de vivre une expérience à l’étranger, sans se soucier des problèmes de logement, assurance… Après avoir vécu, cette merveilleuse aventure, je n’ai plus la même vision de l’Union Européenne, du citoyen européen, et de vivre à l’étranger. J’ai pu mettre enfin des images et des notions sur tout cela. Tout met devenu si simple maintenant à comprendre: vivre ensemble une expérience, partager, communiquer, rire, écouter, rencontrer, voyager, découvrir, s’ouvrir d’esprit, apprendre, s’épanouir, grandir, être libre…
by Servane Gillet, France
Témoignage d’une expérience extraordinaire
C’est avec un grand plaisir que je vous ferai part de mon volontariat ! Ayant eu l’idée de m’engager depuis quelques temps, ce fût le 6 mai 2010 que mon aventure AMICUS avec Itinéraire International commença, pour une durée de 3 mois. C’était la première fois que je partais seul loin de chez moi, loin de mes proches ! C’est avec une jeune volontaire Toulousaine (Myriam) que j’ai partagé cette expérience dans la ville de Savone dans le nord de l’Italie en région Ligurienne. CESAVO, une association de volontaires en Italie nous a accueilli et s’est très bien occupé de nous. Davide, notre coordinateur est une personne vraiment formidable, il a toujours était là pour nous et a fait en sorte que l’on se sente chez nous dès notre arrivée, c’est d’ailleurs lui qui s’est chargé de nous trouver un appartement ainsi que deux vélo ! Nous avons travaillé avec 3 associations différentes : AIAS : un centre pour personnes handicapés avec qui nous avons faits plusieurs activités, sorties à la mer… CARITAS : une association où des personnes en difficultés peuvent venir manger ! Nous les aidions à servir les repas, ranger et nettoyer, à discuter et faire quelques jeux avant l’heure des repas. La Bottega Del Mondo : c’est une petite boutique du commerce équitable. Nous étions un peu comme des vendeurs polyvalent et ça nous permettait de parler la langue du pays. Les personnes rencontrées dans ces associations étaient vraiment très gentils et avez beaucoup de cœur. De plus nous nous sommes faits plusieurs amis, que ce soit au travail ou en dehors du travail, avec qui je garde toujours contact. J’ai même eu l’occasion à deux reprises de travailler à Gênes pour une grande foire du commerce équitable avec la Bottega Del Mondo. Evidement en dehors de notre temps de volontariat nous avons aussi profité de la mer et profité de visiter d’autres villes tel que Pise, Florence, Gênes… et toutes les petites villes autour de Savone ! Au bout d’un certain temps, je me suis aperçu que je commencé à parler italien, pas parfaitement bien sûr, mais c’est-à-dire que tenir une conversation avec un italien était devenu possible ! Notre retour en France a eu lieu le 6 Août 2010. Se détacher de tout le monde fût une étape assez dur, mais bon ma famille me manquait beaucoup aussi. Pour terminer, je tiens à préciser que je retiens vraiment que du positif de cette magnifique expérience, et j’encourage vraiment toute personne qui voudrait partir et s’engager de le faire !
by Bilel Oudia, France
Scriptamanent2010
Scriptamanent è un concorso internazionale di scrittura aperto ai giovani che hanno fatto un’esperienza di volontariato all’estero. Questa è la seconda edizione del concorso, che è stato lanciato per la prima volta nel 2009 dall’associazione culturale Link. Partecipare è semplice: basta leggere il regolamento e inviare il proprio scritto a scriptamanent@europe.com
Scriptamanent é um concurso de escrita aberto a todos os jovens que tenha realizado uma experiência de voluntariado num país estrangeiro. Esta é a segunda edição do concurso, que se realizou pela primeira vez em 2009 através da Associazione Culturale Link. Participar é simples: basta ler o Regulamento e enviar o texto para scriptamanent@europe.com
Scriptamanent is an international writing competition open to young people who have done voluntary experience abroad. This is the second edition of the competition which has been launched for the first time in 2009 by Associazione Culturale Link. Go to the rules to see how to participate by sending your story to scriptamanent@europe.com



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