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Une expérience inoubliable!

Le project

Le CEAS (Centro de Estudios y Acción Social) est une organisation équatorienne située dans la province du Chimborazo. Cette association est aujourd’hui devenue un symbole du mouvement populaire indigène, afin de protéger les communautés et faire valoir leurs droits. La situation du CEAS est assez fragile, l’association ne reçoit pas de fonds du gouvernement. Elle fait des demandes de financement aux pays européens mais les démarches sont lentes et coûteuses et les réponses souvent négatives. De l’autre côté de l’océan, en Belgique, Quinoa est une organisation non-gouvernementale située à Bruxelles qui a pour but d’éveiller les consciences en donnant la possibilités à tous de pouvoir partir dans un pays du Sud sur un chantier humanitaire. Le but ? Changer de regard et prendre conscience des enjeux mondiaux, du déséquilibre de notre époque et de la mal répartition des ressources… Le partenariat entre ces deux associations a donné naissance à des chantiers en Équateur, destinés à tous, gérés par les volontaires eux-même du début à la fin, afin de partager les différences et éveiller les consciences directement par sa propre expérience. Cette année, l’association équatorienne a mis en place un projet de reforestation dans une petite communauté indigène dénommée Santa Teresita. Le but de ce projet est de développer les ressources de la communauté en plantant des arbres de différentes essences afin qu’à moyen terme, la communauté puisse bénéficier directement de ses propres ressources. Cette action a pour but principal de restaurer et renouveler les ressources forestières dans les zones de la province qui sont les plus menacées. Pendant que le CEAS était en train de créer le projet en faisant des études de terrain, en créant des liens avec la communauté et en préparant note venue, de l’autre côté de l’hémisphère, Quinoa était à la recherche de deux responsables pour ce projets. Après avoir examiné consciencieusement les enjeux que cette aventure représentait, je me suis engagé en tant que volontaire responsable du projet au début de l’année 2010. L’aventure avait commencé…

L’organisation

En tant que responsable, il fallait trouver cinq participants afin que ce projet soit viable. Écoles, Universités, campagne de sensibilisations, soirée d’informations etc. ont été nécessaires de visiter ou de mettre en place afin de trouver les participants indispensables à la viabilité du chantier. Mais cela n’était pas tout, il fallait récolter une somme d’argent qui permettrait de financer ce projet.

En équipe, nous avons organisés des brocantes, des ventes diverses, des soirées d’informations afin de récolter une somme convenable de minimum trois mille euros. Le travail a été dur, l’engagement personnel conséquent mais la volonté d’y arriver à été notre moteur de réussite. Nous avons mis en place un site internet afin de vendre des arbres virtuels, arbres qui représentaient évidemment ceux que nous allions plantés dans la communauté. Cette merveilleuse idée nous a permis d’atteindre notre objectif. Le site internet a été un véritable succès. La récolte de fonds menée par le groupe Quinoa est primordiale pour la réalisation des projets car le partenaire local dispose de peu de ressources. Six mois ont été nécessaires pour mettre en place le projet, six mois durant lesquels le groupe formé s’est soudé, tous ensemble avec le but de mener à bien ce chantier, tous ensemble. La récolte de fond qui a été menée à bien pendant ces quelques mois en Belgique a permis l’achat de dix-huit mille arbres.

L’engagement

Avec ma «coresponsable», notre engagement était total. Nous étions convaincus que ce projet en valait la peine et qu’il fallait nous battre pour le mener à bien jusqu’au bout. En plus de la recherche de participants et de la récolte de fonds, nous avions des formations théoriques et pratiques au sein de l’association Quinoa.

Ces formations avaient pour but de sensibiliser les responsables sur les différences économiques, sociales et culturelles entre les pays du Nord et du Sud. Le but était de se préparer au chantier mais aussi de prendre conscience sur les inégalités que notre époque connait actuellement. Plus qu’un simple but informatif, les formations visaient à nous sensibiliser concrètement sur ces différences par le biais de l’information théorique évidemment mais aussi par des exercices de mise en situation. Cela nous a permis de comprendre simplement comment nous en sommes arrivés à ce point-là et surtout d’essayer de nous responsabiliser en nous faisant prendre conscience que nous sommes tous acteurs au changement, notamment grâce à un simple petit geste quotidien qui peut soulever bien de montagnes…

Ces formations se voulaient optimistes, apportant un air de fraîcheur au discours universel trop souvent monotone stipulant que nous ne pouvons rien faire pour que la situation mondiale change. Mon engagement personnel a toujours été vif mais j’avoue que ma participation à un processus Quinoa m’a réconforté dans mes positions.

Afin de consolider et de préparer le groupe, nous nous sommes engagé comme volontaire dans une ferme biologique située dans le Sud de la Belgique pendant un weekend, deux semaines avant notre départ pour l’Équateur. Cette initiative avait pour but de déjà vivre en groupe dans des conditions simples. L’exploitant de la ferme de Jambjoûle qui se situe à Villers-sur-Lesse, près de Rochefort, nous a accueilli les bras ouverts. C’était vraiment l’occasion de se connaître, certains d’entre-nous ne s’était jamais rencontrés ! Le cadre idyllique l’était d’autant plus que le beau temps nous accompagnait. Le groupe a commencé par une activité de maintenance de la pépinière (semis, désherbage, binage, préparation de la terre, labourage, montage de la serre et entretien). Nous avons ensuite participé aux activités liées à la fromagerie (explication de la préparation du lait pour en faire du fromage). Après cette première journée éreintante, nous nous sommes baignés avec toute la famille dans l’eau glaciale de la petite rivière qui coulait non loin de là, frisson garanti ! La soirée s’est terminée en danse et en chants populaires sous un ciel étoilé qui rendait ce moment de partage encore plus magique…

Le voyage

Nous sommes partis début juillet pour l’aventure en Amérique Latine. En groupe, nous avons pris l’avion pendant plus de quinze heures avant d’atteindre la terres des Incas, les Andes équatoriennes. Dès notre arrivée le partenaire local nous a accueilli grands bras ouverts. Après deux journées de formation (théorique et pratique) avec les membres du CEAS dans le «vivero» (pépinière de l’organisation), nous nous sommes rendus dans la communauté de Santa Teresita pour une durée de trois semaines, en vue d’y planter les différentes essences de plantes (médicinales, arboricoles et fruitières). Le chef de la communauté nous attendait avec impatience. Nous avons organisé une réunion avec toute la communauté et les membres de l’association locale dans le local communautaire. Le responsable du CEAS a retracé les grandes lignes du projet en expliquant les objectifs à court et à long terme. Il a également expliqué notre rôle, la récolte de fonds menée par le groupe en Belgique, les objectifs de notre séjour et notre implication générale dans le processus Quinoa. Chaque membre du groupe et de la communauté a eu l’occasion de se présenter. Un relais a été assuré par les responsables pour traduire du Français à l’Espagnol puis en Quichua, la langue locale. 

La communauté s’est organisée en cinq groupes. Nous avons dû donc nous diviser en cinq afin qu’il y ait au moins un membre du groupe Quinoa dans chacun des groupes. Dès le lendemain, ces cinq groupes se sont réparti les tâches des plantations, que ce soit en terrains familiaux ou communautaires. Avec le groupe de volontaires, nous organisions souvent des réunions de mise au point, afin de soulever les éventuels problèmes et d’améliorer certains points si cela s’avérait nécessaire. Nous avions aussi des évaluations hebdomadaires avec le partenaire local en leur siège implantée dans la ville de Riobamba. Ces évaluations étaient nécessaires afin de mettre sur la table l’état d’avancement du projet. 

Description du quotidien des familles:

Chaque membre de la communauté commence sa journée dès le lever du soleil, aux alentours de cinq heures du matin. Les premières tâches de la journée consistent à traire les vaches et s’occuper des animaux : le bétail est attaché à un piquet qu’il faut déplacer matin et soir. Ensuite, ils s’adonnent aux différentes tâches journalières en fonction des besoins : entretenir les cultures, préparer la terre, récolter, couper du bois, soigner les animaux du ménage (chiens, poules, cochons d’inde), cuisiner, etc.

Le repas de midi est partagé en communauté lors des «mingas» (travail communautaire) et consiste principalement en différentes préparations de féculents (pommes de terre, riz, fèves, maïs) avec parfois des œufs. L’après-midi, les tâches reprennent jusqu’à environ 16h. Certaines personnes de la communauté profitent alors pour se retrouver sur la place principale afin de s’adonner aux jeux communautaires tels que le football ou encore volleyball, sport national de l’Équateur.

Les conditions sanitaires n’étaient pas des plus optimales : eau froide qu’il fallait aller chercher dans le puits, nourriture souillée et puces qui avaient envahis nos matelas faisaient partie de notre quotidien. Cela était parfois difficile mais nous voulions partager complètement les conditions culturelles, sociales et surtout l’environnement local.

Ce voyage m’a permis de rentrer en contact avec une communauté qui serait totalement inaccessible dans un cadre purement touristique. L’échange culturel a tout simplement été magique et enrichissant dans les deux sens. Je pense que c’est une forme de grandir ensemble. Le partenaire local étant habitué à recevoir des groupes de jeunes, il n’y a eu aucune difficulté en ce qui concerne la préparation, le travail en commun et la communication en général. Le cadre est tout simplement idyllique : les montagnes environnantes font de l’endroit une carte postale à chaque moment de la journée, que ce soit à l’aube ou sous une pluie d’étoile. Cette expérience a été très enrichissante au niveau de l’apprentissage personnel  : comprendre qu’il existe d’autres façons de vivre qui sont intéressantes, que ce soit d’un point de vue idéologique, économique, social ou autre. Cette prise de conscience a été pour moi une révélation. Cette expérience permet de relativiser notre propre réalité souvent considérée comme acquise et universelle. Ce voyage a été plus qu’un simple voyage en Amérique Latine, ce voyage a été un voyage introspectif, un voyage méditatif, un voyage qui a fait ressortir en chacun d’entre-nous notre véritable essence : notre humanité !

Remerciements : «Quinoa», «CEAS» et le groupe de jeunes volontaires. Plus d’informations sur : www.projetequateur2010.be

by Miguel Candelas Marchese, Spain/Belgium


Otoño sin otoño

Me encontré en medio del bosque, con fuentes de agua a mí alrededor, y un viejo anciano que me contaba una de sus historias. Me decía que el dinero es la invención humana más fatal para el alma, y en sus ojos vi el sufrimiento de un hombre con dinero pero sin amor. Me hablaba de los venenos que corren por las venas, de los gatos y las mujeres. Me hablaba de mí y de mis respuestas. Me tomó con su mano callosa y me llevó con él a su vieja casa, allí bebimos un poco del vino que él mismo había confeccionado y recordábamos aquél día que por la ventana se cruzaron nuestras miradas.

Me encontré en un gran pastizal, bajo un sol radiante y un cielo azul, campanitas sonaban a mi alrededor, y una vieja anciana que me contaba una historia sin palabras, me decía sin decirme que amaba la vida por más ruin que fuera, me amaba a mi, me contaba su historia con su mirada y su sonrisa. Me hablaba de una lejana mujer que no conocía el placer de la música y la risa, que por las noches caminaba sola entre los lobos y los jabalíes, para ir a dormir sobre el heno, y despertar a la mañana con el canto de las aves. Me llevó en silencio a un manantial escondido, la fuente de su sabiduría y su fortaleza. Esa agua era tan pura y cristalina… como ella.

Me encontré en una casa vieja llena de gatos, uno de ellos, tuerto, inspiraba temor. Una casa que tosía vejez y olía a vida, a niños que allí nacieron y ancianos que allí murieron. Me senté en una de sus sillas, y miré por la pequeña ventana de madera, vi pasar a un joven viajero y decidido, me lastimó el ver sus ojos solos. La casa me arropaba con su calor y me invitaba a permanecer con ella; pude sentir su miedo de desboronarse, ella en cambio pudo sentir mi pesar. Compartimos cada uno el peso de nuestras vidas sobre nuestros propios cimientos, los de ella, eran viejos y corroídos por las ratas; los míos aunque jóvenes, endebles, y corroídos por la desesperanza.

Me encontré en un establo, con algunas vacas y un toro, un viejo anciano de un solo ojo, me miraba y me miraba, me miraba mejor que muchos otros que tienen ambos ojos. Me miró y supo de inmediato quién era yo. Nos sentamos a observar la huerta. Se acercaba a mí con confidencia y me hablaba de las bestias, me hablaba de los alimentos, y del agua simple, me hablaba de la tierra y de las plantas, me hablaba de cada forma de vida existente por más pequeña que fuera, me hablaba del camino, y del sacrificio. Del peso de la vida. Del ser hombres y del ser humanos.

Me encontré en una cocina, la comida se hacía lenta pero sabrosa, el olor de la leña se adormecía en mi cabello, y dos viejas hermanas; una observaba las montañas a través de la ventana, la otra se concentraba en un tejido infinito, hablaban de recuerdos, hablaban de tristezas, hablaban de fantasmas, hablaban con melancolía, hablaban con añoranza, hablaban con voz baja y con voz alta, hablaban desde la vida, y hablaban desde la muerte, hablaban con el teléfono, y con el televisor, hablaban de los hijos, hablaban de los nietos, hablaban de las estrellas, hablaban de los días y de las noches, del frío y del calor, de las hojas y del viento, hablaban de ellas, mientras aguardaban calladas cada una en su silla, cada una en su memoria.

Me encontré en la cima de una montaña, el sol se ocultaba tras las nubes, un viento frío soplaba y golpeaba mis mejillas, una vieja cruz guardaba silencio mientras batallaba contra la brisa, escuché una canción que venía del fondo del valle, y me senté. Espere varios días, y varias noches, observaba las hojas mecerse con el viento, y les daba nombre a cada uno. Me hice amigo de aquellos más jóvenes y de los más viejos. Observé el tiempo, observé mis manos y observé mis pies, observé mis propios ojos reflejados en el cielo. Aquella canción con su melodía antigua y triste, se acercaba lentamente a la cumbre donde yo aguardaba. Pasaron días, mi cuerpo permanecía inmóvil e intacto ante el alba pero también ante el ocaso. Mi vida transcurría por mis venas, mi vida transcurría en forma de nubes. La voz que cantaba me acompañaba, cantaba poesías al mar, a las montañas, al hombre, a la historia, a los pájaros, a los niños, a los viejos, a las madres y a los padres, a la vida.

Me encontré en un pequeño parque en un lugar muy lejano de aquella montaña, en un lugar alegre y triste a la vez. Una fuerte brisa de caribe refrescaba la noche con olores de nostalgia, de navidades pasadas. Una pequeña luz tenue iluminaba mi rostro, sentí aquellas melodías antiguas que había escuchado alguna vez, esta vez, cantaba una poesía sobre un joven caminante que construía un día, por bosques lejanos, un largo camino hecho con piedras pesadas. Cerré los ojos sintiendo una profunda melancolía que emanaba de mis lágrimas, cuando los abrí me encontré de nuevo en la cima de una montaña, vivo.

by Sandro Bozzolo, Italy


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