Sur les traces de Sigmund Freud
Apparemment, l’homme qui pense est celui qui recherche. La curiosité de l’inconnu, nous met dans un état d’anxiété. Se posez des questions. La curiosité nous pousse à le faire afin de sonder les mystères du désir. L’impatience nous donne le courage et l’énergie d’agir.
Printemps 2008. Je cherchais un tournant dans ma vie. Dans ma tête comme un mantra, la phrase résonnant “renoncez à tout, et vous trouverez tout»- cet extrait de philosophie, qui est répété dans les livres les plus importants des grandes religions du monde. Mon esprit et mon cœur étaient ouverts. Je me suis sentie prête.
J’ai trouvé une annonce sur le service volontaire européenne sur internet. J’ai passé un après-midi au café Plan.B, entourée par de jeunes artistes, des gens de talent, qui apportent une impression d’être heureux. Je n’étais pas heureuse. Je ne pouvais pas trouver ma place dans la vie. Je voulais agir, faire quelque chose, aider les autres.
Il y a huit ans, je travaillais avec des personnes handicapées, souffrant de sclérose en plaques. Être bénévole a été la meilleure chose que je fis dans ma vie. Mais quelque chose était coincée en moi, un malaise, qui me dérangeait. Même si beaucoup de chose m’attachais à Varsovie, ce n’étais pas un endroit pour moi. Je connaissais chaque quartier, j’ai travaillé dans de nombreux endroits et je sentais la ville serrant mon cou, ne me permettant pas de respirer. J’ai déménagé tout les mois, avec toutes mes affaires, j’ai vécu avec de nouvelles personnes. J’ai essayé, mais ca n’a pas marché. Je venais d’arrêter mes études. J’étais rebelle et malheureuse.
En face de mon université, il y a l’académie de théâtre. J’allais souvent dans la cafétéria.
Je l’aimais, car il y avait presque toujours quelqu’un en train de jouer du piano, quelqu’un murmurant à lui-même, essayant d’interpréter son rôle. Je voulu aussi y étudier. J’ai essayé d’y entrer, mais il s’est avéré que j’ai une mauvaise élocution et cela a donc été impossible.
En même temps, cela faisait déjà un an que j’organisais mon Slam Be, mais malgré la popularité de l’événement, j’ai senti qu’il était temps de quitter la scène. J’ai commencé à m’interroger sur le sens de tout.
Au final je suis rentré à la maison familiale. Mon père ne pouvait pas me pardonner que j’apporte la honte sur la famille, parce que je ne voulais pas de me conformer aux normes sociales – éducation, travail, domicile.
Avril 2008. Je vie derrière l’armoire – la salle est divisée par les meubles, et un rideau me sert de porte. Mon père a décidé que je ne mérite pas la chambre. J’ai 24 ans. Un après-midi, en trouvant un brin d’énergie, je trouva sur internet une annonce pour un SVE en France. Je suis dans au café où j’organise un slam mensuelle. Je parle avec mon ami qui travaille derrière le bar. “L’étranger, c’est bien d’y aller, mais pour gagner de l’argent. Oublies ça !” Mais je ne pouvais pas l’oublier. Je pensais que c’était peut-être ma chance, c’est quelque chose d’inconnu, où ce qui compte, ce n’est pas le diplôme que j’ai, si j’ai mon propre appartement, ou si les parents m’ont envoyé prendre des leçons de langue étrangère ou pas.
Le bénévolat a été quelque chose d’imprévisible, qui dépendais de moi – oui, j’ai eu le pouvoir entre mes mains, j’ai voulu donner quelques chose aux autres, une femme voulant changer quelques choses dans sa vie, faire pour les autres, tout abandonner, oublié le passé et s’ouvrir à l’inconnu !
J’écrivis une lettre de motivation, je réunissais les documents nécessaires et les envoya. Quelques semaines plus tard, j’étais sur le chemin entre tels et tels café où je vivais quasiment en permanence. (Varsovie est une ville où la majeure partie des révolutions artistiques se passe dans les cafés – Tadeusz Kantor – Café Chłodna25).
J’ai été invité à Olsztyn, pour une entrevue, où l’on m’a demandé si ma chambre, ma vie familiale n’allais pas manquer. J’ai répondu que « non », j’en étais sûr car je pensais simplement au 2m d’espace sur 1m derrière la garde-robe, ce jusqu’à ce que je parte en voyage.
La première fois que je suis allé en France, ce fût pour les 3 semaines de préparation avant le bénévolat, en Alsace : Apprentissage de la langue et préparation mentale pour un an de volontariat pour les jeunes hongrois, allemands, polonais. Je ne connaissais pas la langue française, j’ai timidement parlé en anglais. Mais j’aimé le défi.
Lorsque je fût en Alsace, je reçu un appel de l’organisation polonaise qui m’avait envoyé là-bas. Malheureusement, ils n’ont pas obtenu de financement pour mon volontariat près de Grenoble, où j’aurai pu travailler avec de jeunes enfants. Ils me promirent de trouver une alternative.
Le même jour, on m’a proposé un SVE long, de 9 mois en Bretagne. La ville s’appelle Dinan et j’y travaillerai en tant qu’animatrice dans un Foyer de Jeunes Travailleurs.
J’ai dit oui, apparemment, ce fût mon destin, mon esprit s’est ouvert.
Dinan s’est avéré être une petite ville de style médiéval. Elle ressemble à la Lasse Hallström, du film «Le Chocolat ».
Mon boulot été cool – j’ai commençais d’après-midi, j’ai faisais de café au bar social au FJT. Je ne parlais pas la langue, mais j’ai commencé à apprendre plus vite car je rencontrai les gens. Pendant la semaine plusieurs habitants de Dinan viennent là-bas, pour prendre son déjeuner.
Mon appartement a été une surprise – 36m² seulement pour moi ! Avec mon expérience au Pologne, j’ai été contente.
En fait, le volontariat a été un avantage plus pour moi, que pour les autres – j’ai attende un grand mission à faire, mais le volontariat m’aidait plus que moi j’aidais les gens.
Je découvris les différences culturelles –Par exemple, on fait la bise en France pour saluer, et l’on donne une poignée de main en Pologne. Je me suis senti un peu dépassé par cette coutume, mais j’ai dû m’adapter car cela peut sembler impoli de refuser une bise.
La nourriture française était un peu bizarre pour moi, car croissant avec un café pour le petit-déjeuner semblais impossible pour moi (j’avais un habitude de manger le charcuterie, des fromages, tout que pour les français semblait immangeable le matin).
Mais tout n’a pas été si positive. Une pause à midi, entre 12h00 et 14h00, me semblait très absurde. Quand je voulais faire quelque chose en ville, tout était toujours fermé. C’est une question de culture.
Mais l’aventure est essentielle. Je suis venu faire du bénévolat en Octobre et j’ai décidé de rester pour Noël.
Décembre 2008. Avec Phil – le tuteur de mon SVE, je communique en anglais, mon français étant nul. Phil a été comme un parrain pour moi, toujours très ouvert pour parler, demander comment je vais.. Par contre, j’avais mes petits secrets. À la maison, la douche est cassée. J’ai honte de le dire, car je crois l’avoir cassée. Mais comme l’homme doit faire preuve de créativité, et le bénévolat est aussi une école où vous pouvez apprendre à être indépendant, j’ai décidé de faire face seule.
Juste avant Noël, je suis allé dans un magasin, qui s’est avéré être un espace vert, une boutique de jardinage. Utilisant un dictionnaire polonais-français et des mots simples, je réussi à comprendre que le magasin spécialisé dans les salles de bains est très très loin.
Conscient de la gravité de la situation et du fait que nous ne pouvons pas vivre sans une douche quotidienne, j’ai décidé d’acheter un tuyau de jardin de 1,5 m, et du scotch. Heureuse, comme une Mac Gyver, je le colla au robinet du lavabo de la salle de bains, pour remplacer celui de la douche !
Malheureusement, la présente invention tomba rapidement en panne – l’installation, sous la pression de l’eau, a explosé et la salle de bain fût inondée.
J’ai passé Noël a réparé ma douche..
Le travail au cours de mon SVE a consistait à organiser l’animation. J’ai eu la libre-choix, j’ai décidé d’organiser des projections de films et des présentations audio-visuelles, au cours desquelles, je n’ai pas eu beaucoup de discussions (en français). Puis, quand j’ai soutenu mon intérêt pour la mise en œuvre des films, j’ai commencé à vraiment apprendre. J’ai été envoyé pour les échanges de jeunes en Italie (Shots of Dialogue), où des gens de nombreux pays en Europe, ont réalisé des courts métrages sur le dialogue interculturel. J’y ai appris des techniques de cinéma, mais aussi a coopérer avec les autres.
Mon meilleur ami était un ordinateur. Malheureusement, le temps est venu où il s’est rebellé – bloqua sur myspace.com et tomba en panne. J’ai réinstallé le système. Ma famille m’a envoyé des cd par la poste et … des collants (il me semblait que les collants sont chers en France). Ensuite, j’ai fâché avec le tuteur de mon volontariat – Phil – je devais faire une présentation sur la Pologne et je ne pouvais pas – tout les support que j’avais dans le disque dur de mon ordinateur en panne.
J’étais prétentieuse, je pensais que j’étais infaillible, que tout ce que je faisais était excellent et je ne pouvais pas écouter les critiques… Le temps où je vivais seul, les soirées de promenades à Dinan, pour méditer, ont été inestimable. Pièce par pièce j’ai analysé mon comportement, et qui je suis. J’ai compris que, même si je passe beaucoup de temps pour faire quelque chose, il ne sera pas parfait.. Ce fût une expérience forte – ma psychanalyse.
J’ai passé neuf mois à ouvrir mes yeux, me réveiller et apprendre à vivre avec d’autres personnes. A un moment, je voulais tout quitter – parce que c’est le plus facile. Je suis resté et lutté. J’ai décidé de parler à Phil, demander ce que l’on pouvait faire pour améliorer notre relations, il était content de mon travail. Cela a été le point tournant. Pour la première fois, j’ai admis mon erreur.
C’était important, j’ai dû apprendre à vivre, à travailler et à me détendre, avec des gens d’une autre culture. Ici, le mot «travail» est conçu différemment – ce n’est pas une course de rat, comme en Pologne. Tout le monde au temps d’être au calme, le temps de sourire, et pour fumer un clope.
A la fin de mon volontariat, personne ne croyait que j’avais une chance de trouver un emploi à Dinan. Mon français n’était pas la meilleure… Mais, j’ai développé mon anglais ! C’était mon atout – Dinan est une ville touristique, où la majorité des touristes viennent d’Angleterre (la Bretagne est proche de l’Angleterre, mais le temps est plus agréable que là-bas et la vie moins chère).
Lorsque mon volontariat a officiellement pris fin – j’ai commencé à travailler en tant que serveuse dans un restaurant. Lors de l’entretien on m’a proposé un contrat à durée indéterminée – j’ai trouve ça un peu bizarre. Après quelques jours, j’ai découvert pourquoi –les heures incluses dans le planning était une chose mais la réalité était complètement différente. J’ai travaillé beaucoup, sans pourboires, et mon chef était super méchant. J’ai eu l’impression que il était comme ça, car je suis une étrangère, et que je ne parlais pas bien le français.
Bien que ce fût une décision difficile, J’ai quitté ce poste. J’étais en colère contre moi-même de détruire ma vie, de commencer quelque chose et le lâcher après.
Vers l’heure où je devais normalement servir le dîner dans un restaurant, j’étais à la maison, mon voisin a frappé et m’a invité à un barbecue dans le jardin (mon bâtiment était occupé par des jeunes). Au début je ne voulais pas y aller, mais je ne pouvais pas me fermer aux autres. J’y suis allé!
Le barbecue était une costume-party – j’y ai rencontré des Vikings, des travestis et moi, j’étais en hippie. C’était cool..
Et puis arriva le garçon, qui était tellement cool que, quand un mois plus tard, il m’a demandé de l’épouser, j’ai dit oui sans hésiter. Nous sommes tombés amoureux dès la première fois que l’on s’est vue. Il était français, mais il parlait anglais (oui, bravo, il y a un stéréotype qui veut que les Français ne parlent pas anglais, et c’est vrai!). Il a été intéressé par les films, portait une barbe, moustache, et a conduisait la plus moche voiture que j’ai vu. Nous étions tellement amoureux que quelques mois plus tard, on se maria.
J’ai toujours été opposé aux mariages et ce genre de la folie. Après avoir lu “Amateur (Die Liebhaberinnen)” Alfriede Jelinek, j’étais sûr que je ne voudrai pas me mariée, jamais. Et pourtant…
Mise à part, j’ai rencontré beaucoup de personnes malintentionnées, qui m’ont demandé si je me mariais car j’avais besoin d’un visa pour être en France. J’étais terriblement en colère. Parfois, même à la poste quand je voulu envoyer une lettre au Pologne, la dame a demandé,
“Est-ce en Europe?”. Un jour, dans un autre endroit, on m’a demandé de prouver que la Pologne était dans l’Union Européenne. J’ai alors pensé «Demandez vos enfants qui savent surement mieux que vous. »
Même à la banque, on m’a demandé un titre de séjour. Il y avait pas mal de problèmes avec cela, mais quand je l’ai finalement obtenu, il apporta peu à ma vie. Mais le pire est que le motif du séjour est écrit dans « thème de la famille » en gros caractères et juste au-dessus, en minuscules «Le thème du travail ». C’est un tel détail déplaisant.
Je pense que je n’ai pas besoin de me marier pour devenir résident de ce pays. Mais, bon…
Vite j’ai trouvé un boulot dans un café tenu par un ancien punk, qui plus tard a été un coiffeur. Dans quelques jours, j’ai dû commencer à y travailler, dans le Café du Théâtre.
Le boulot au Café du Théâtre était super, et mon français était bien mieux. En Septembre je suis allé faire une formation pour étrangères. Les habitants de Dinan sont surpris de voir que je suis toujours là. Je souri et leur dit « Voici ma maison ».
En Mars, j’ai arrêté l’école (je l’ai fait!) Et j’ai commencé à travailler comme animatrice dans une association. Ce fût mon rêve depuis que j’étais à Dinan.
En Mars, trois jours avant le mariage, je découvris que j’étais enceinte. Et c’était merveilleux.
En Juin j’ai obtenu mon certificat de français!
Mon SVE était une révolution pour moi. J’ai du changer de comportement, apprendre beaucoup de chose.. L’effort en valait la peine. Maintenant, Dinan c’est maville, ma maison. Avec mes amis nous avons créé une association, qui a pour le but de créer un Centre Culturel d’Arts Contemporains, pour les jeunes. Pour eux, il n’y a pas de lieux comme ça à Dinan. Mais aussi, je commencerai travailler dans le cadre de programme Jeunesse en Action, pour organiser des Initiatives Jeunes et des Echanges.
Avant, les gens riaient de mes rêves, et maintenant mes rêves sont devenus mon travail – créativité et action.
Je me promène dans les mêmes rues que pendant mon volontariat, et je souris… J’ai eu de la chance. Je marchais sur les traces de la psychanalyse de Sigmund Freud, en procédant, j’ai trouvé ma place sur la terre – Dinan. Je suis venu ici pour mon SVE, ici j’ai trouvé une famille, un travail, je me suis retrouvé ici. Et enfin, je suis heureuse !
by Lila Roty, Poland



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